Psaume 119 (6) - 4ème strophe (2ème partie)
On peut comprendre la réaction de cet homme, qui s'est laissé dominer par le péché ; une fois sa conscience réveillée et redevenue sensible, il a tout de suite ressenti une frustration, une honte intérieure pour avoir blessé le cœur de Dieu par son comportement. Le péché, quel qu'il soit, ternit la joie du salut, la joie de l'Esprit, et celle que produit la lecture de la Parole de Dieu.
La véritable repentance est toujours précédée de larmes, d'une tristesse profonde d'avoir offensé Dieu : cette tristesse mène au salut. Ce qu'il y a de remarquable dans l'expérience du psalmiste, c'est qu'il en revient toujours à la Parole de Dieu, il fait mention d’elle à tout propos, et se réclame d'elle et d'elle seule dans ces circonstances.
« Relève-moi par ta Parole ! » dit-il.
Son humilité et sa dépendance de la parole du Seigneur ressortent ici. Il a conscience que celle-ci ne va pas l'écraser ni le condamner : au contraire, il a une telle confiance qu'il compte retrouver, grâce à elle, le goût de la vie, l'énergie suffisante pour refaire surface et repartir de l'avant.
Eliphaz déclare à son ami Job, au sein de son épreuve: « Il relève les humbles, et délivre les affligés. »
Dans Matthieu 5/4, nous avons cette promesse du Seigneur : « Heureux les affligés, car ils seront consolés! »
Il est une chose importante, que l'on doit savoir si l’on veut être efficace dans le service de Dieu, c'est qu’il répond à ceux qui savent se repentir lorsqu'ils ont commis un péché.
David dira dans sa prière de repentance : « Les sacrifices de Dieu litt. C'est un esprit brisé, un cœur brisé et contrit; o Dieu, tu ne le dédaignes pas. »
Pendant le temps qui s'est écoulé entre sa chute et son relèvement, David avait sans doute continué à offrir des sacrifices. Sa conscience en était-elle soulagée, avait-il retrouvé la paix ? Bien sûr que non. Il montre, au contraire, qu'il a expérimenté ce que le prophète Samuel avait expliqué au roi Saül; ce dernier ne voulait pas reconnaître sa désobéissance à l’ordre que Dieu lui avait donné : « L'obéissance vaut plus que les sacrifices. »
Les souffrances du Christ restent sans efficacité, si le pécheur ne s'associe pas à la condamnation du péché, proclamée en la personne de Jésus.
Psaume 34/19 : « L'Eternel est près de ceux qui ont le cœur brisé, et il sauve ceux qui ont l'esprit dans l'abattement. »
Le juste n'apparaît pas la tête haute. Il souffre en son esprit, dans la lutte contre le monde et contre lui-même. Mais sa délivrance est certaine, parce que l'Eternel est près de lui.
« Voici sur qui je porterai mes regards : sur le malheureux qui a l'esprit abattu, qui tremble à ma parole. »
Dieu portera toujours un regard favorable sur celui qui est humble, sur celui qui a l'esprit brisé, et sur celui qui craint sa Parole.
Une deuxième chose importantene doit pas être sous-estimée : tous ceux qui servent Dieu, qui ont des responsabilités, peuvent commettre des erreurs, parce qu'ils ne sont pas infaillibles. La nature charnelle, avec ses défauts et ses complexes, leur fait sans cesse la guerre, cherchant à faire chuter le juste. Seuls ceux qui ne font rien, ne se trompent pas, et peuvent passer pour être infaillibles. Il existe une clé qui permet la restauration et le retour à une relation avec le Seigneur : c'est la repentance.
En quoi consiste-t-elle ?
Comment connaître la restauration?
La repentance permet au cœur d’être visité par Dieu. Le prophète Joël prophétisa au sujet de l'œuvre du Saint-Esprit dans les jours qui précéderont le retour de Jésus-Christ, et annonça que la repentance serait la clé pour atteindre le cœur de Dieu, qui, en retour répandrait son Esprit.
« Revenez à moi de tout votre cœur, avec des jeûnes, avec des pleurs et des lamentations! Déchirez vos cœurs et non vos vêtements. »
On ne réalise pas toujours la valeur et les conséquences glorieuses d'une telle repentance. Cependant, celle-ci a toujours produit de grands bienfaits dans l'Eglise, dans le domaine de la famille, dans une région ou un pays. Tant de choses cachées font obstacle à la bénédiction et à la croissance du peuple de Dieu.
La repentance est véritablement le fondement de la vie chrétienne. Se repentir de ses péchés permet de détrôner le moi. Cette attitude permet au Seigneur Jésus de régner en maître dans la vie du chrétien et du responsable spirituel.
La repentance, c'est aussi le message que l'Eglise et les responsables doivent recevoir et proclamer sans aucune honte, dans ces temps d'apostasie, pour que « la pluie du printemps et de l'arrière-saison » soit répandue, et qu'un temps de rafraîchissement spirituel soit accordé au peuple de Dieu.
La repentance ne s'effectue pas une fois pour toutes, au début de la vie chrétienne, mais elle doit devenir une attitude permanente du cœur du disciple. Quand une chose mauvaise s'est produite, ou que des erreurs ont été commises, nous devons savoir comment nous tourner vers Dieu et recevoir son pardon, car il est fidèle et juste pour nous pardonner.
Verset 29 : « Éloigne de moi la voie du mensonge, et accorde-moi la grâce de suivre ta loi. »
« Détourne-moi du chemin du mensonge et, dans ta grâce, fais que je vive selon ta loi. » (Le Semeur)
La voie du mensonge, c’est celle de l’infidélité, par opposition à celle qui est mentionnée au verset 30 : « J’ai choisi la voie de la fidélité. »
Combien de voies se présentent devant nous ! Que de choses le monde peut nous faire miroiter !
Que d'illusions le diable peut mettre dans nos pensées ! Le psalmiste ne veut plus se laisser séduire et tromper par ce qui vient de l'extérieur, où tout n'est que fausseté et qui lui a fait perdre la vie et la joie que lui procurait la Parole.
Il y a incompatibilité entre la lumière et les ténèbres, entre le mensonge et la vérité, il ne peut y avoir de cohabitation entre eux. Le psalmiste veut à tout prix vivre dans la vérité, et il demande au Seigneur de le préserver du mensonge et de la fausseté.
Dans le livre des Proverbes, nous trouvons une prière analogue : « Je te demande deux choses: ne me les refuse pas, avant que je meure ! Éloigne de moi la fausseté et la parole mensongère. »
On peut aussi traduire par : « Garde-moi de dire des paroles inutiles ou mensongères.»
Il demande l'aide de Dieu pour suivre sa Parole, parce qu'il est conscient, à la lumière de l'expérience douloureuse qu'il vient de faire, que par lui-même, il ne peut ni suivre ni vivre pleinement la Parole dans la vie de tous les jours.
Dieu a fait cette promesse qui s’est accomplie : « (….) ; Après ces jours, déclare l’Eternel, je placerai ma loi au plus profond d’eux- mêmes, je la graverai dans leur cœur ; moi, je serai leur Dieu, eux, ils seront mon peuple (…) »
Verset 30 : « Je choisis la voie de la vérité, je place tes lois sous mes yeux. »
« J’ai choisi le chemin de la fidélité, je me suis conformé à tes décrets. »
« J’ai choisi » : Le psalmiste a pris la résolution de marcher sur la voie de la vérité, de la fidélité à Dieu et à sa Parole. Il a pris à cœur les enseignements qui lui ont été transmis par les prophètes, eux-mêmes les porte-paroles de Dieu, inspirés par son Esprit Saint.
Les paroles de Dieu sont fondées sur la justice, elles sont sûres, dignes de confiance. Il s’engageait à ne négliger aucune parole, à tenir compte de tous ses conseils. Aussi demande-t-il au Seigneur de lui accorder sa grâce. Les expériences douloureuses nous amènent à mieux réaliser ce que nous sommes devant le Seigneur, et aussi à faire les bons choix, ceux qui sont bénéfiques pour notre vie spirituelle ; on ne peut pas avancer avec un cœur partagé qui vit de compromis avec le monde et la chair.
Cette résolution de marcher sur la voie de la fidélité à Dieu et à sa Parole est le plus beau choix qu'un chrétien puisse faire.
« Je place tes lois sous mes yeux (…) »
Transcription A. Kuen : « Je me suis aligné sur tes décrets. »
Le psalmiste prend nettement position. Il a voulu que l’on sache qu'il accorde la plus grande importance à la révélation que Dieu lui avait accordée dans sa Parole.
Il considère les préceptes, les lois, les commandements sous un autre angle à présent ; il veut s’identifier à la Parole. Il trouve en elle satisfaction, bien-être spirituel, et joie.
Verset 31 : « Je m'attache à tes préceptes: Éternel, ne me rends point confus. »
Rabbinat Français : « Je suis attaché à tes statuts, Seigneur, ne m’inflige aucune déception. »
C’est le désir de faire corps avec la Parole donnée par le Seigneur. « Je m'attache » peut aussi se traduire par : « J'adhère », non pas dans le sens d'une adhésion intellectuelle, mais dans le sens d'un engagement de sa vie tout entière.
La transcription Kuen de ce verset fait ressortir une pensée très forte : « Je me tiens collé à tes préceptes. »
Le psalmiste évoque ici une pensée importante: la stabilité de sa vie spirituelle. Cette pensée peut être illustrée par cette parole de David au psaume 18 et verset 47 : « Dieu est vivant ! Qu’il soit loué lui qui est mon rocher ! Que l’on proclame la grandeur de ce Dieu qui est mon sauveur. » « lui qui est mon rocher. »
Le psalmiste ressent la nécessité de ne faire qu'un avec la Parole de Dieu, car elle est le seul fondement inébranlable, garant de la solidité de tout l’édifice.
« Christ est la pierre angulaire », qui a soutenu jusqu’à ce jour cet édifice qu’est l’Eglise, la maison de Dieu, contre laquelle le séjour des morts ne pourra prévaloir.
Josué a exhorté le peuple dans ce sens :« Attachez-vous uniquement à l’Eternel, votre Dieu, comme vous l’avez fait jusqu’à présent.»
Les épîtres de Paul encouragent les disciples à mener une vie digne du nom du Seigneur, tenant bon, unis dans un même esprit, luttant d’un même cœur et d’une même foi pour la cause de Christ.
« Je suis attaché à tes statuts, Seigneur, ne m’inflige aucune déception. »
Pourquoi laisserions-nous cette pensée envahir notre cœur ?
Nous avons la promesse que celui qui se confie en Dieu, ne sera point confus. Mettons donc notre confiance dans sa souveraineté, il sait ce qui est le meilleur pour nous, il cherche notre intérêt et notre bonheur pour le temps présent et pour le futur. Ne soyons pas étonnés si certaines de nos requêtes ne sont pas exaucées : il voit plus loin que nous, nos destinées sont entre ses mains.
Verset 32 : « Je cours dans la voie de tes commandements, car tu élargis mon cœur. »
« Je veux courir sur le chemin de tes commandements, car tu m’as libéré. »
Le Semeur
« Je suivrai avec empressement le chemin de tes préceptes, car tu élargis mon cœur. » Rabbinat F.
Le psalmiste vient de vivre une période difficile, mais il exprime encore son enthousiasme pour la Parole de Dieu. Il se réjouit des progrès qui se sont opérés dans sa vie, grâce à la Parole de Dieu qui agit en lui.
L'amour pour la Parole de Dieu brûle dans son cœur, le feu de Dieu l’embrase, et y fait naître un élan, un empressement.
Cet amour pour la Parole de Dieu produit toujours des progrès d'ordre spirituel ; elle élargit le cœur, donne une vision juste et équilibrée, favorise un développement du courage.
Par la mise en pratique de sa Parole, le Seigneur nous amène à connaître une vie spirituelle épanouie, pleine de richesses et de bien-être. L’étroitesse de cœur et d’esprit, le légalisme, n’existent pas chez ceux qui ont un amour brûlant pour la Parole.
L'histoire des puits d’Isaac, dans la Genèse, nous montre que la vie de foi dans la parole n’est pas facile, et demande de la persévérance.
Quand nous décidons d’entrer dans les plans de Dieu, des ennemis placent des embûches, pour nous décourager dans notre marche avec lui, nous dissuader de nous plonger dans la parole et de l’appliquer. Mais si nous persistons, nous connaîtrons le temps du repos.
« Les bergers de Guérar cherchèrent querelle avec les bergers d’Isaac, en prétendant : « Cette eau est à nous ».
Isaac donna à ce puits le nom d’Esèq (dispute), parce qu’on s’était disputé avec lui à son sujet. Ensuite, ils creusèrent un autre puits, pour lequel on lui chercha de nouveau querelle ; il le nomma Sitna (qui signifie : opposition). Puis, il partit, de là et creusa un autre puits, pour lequel on ne lui chercha pas querelle ; il l’appela donc Rehoboth (qui signifie : larges espaces), car, dit il, maintenant l’Eternel nous a mis au large, et nous prospèrerons dans le pays. »
Nous pouvons retirer plusieurs ensei-gnements de cet épisode des puits.
Il existe deux sortes de bergers : ceux qui cherchent leur propre intérêt, et revendiquent une source de vie qui ne leur appartient pas : ils n’ont fait aucun effort pour la creuser. Ils sont animés d’un esprit de dispute, et cherchent les querelles. Ils ont la mentalité du monde, et non celle de Dieu, qui est un Dieu de paix et non de guerre. Par contre, les bergers d’Isaac ont une autre mentalité : ils n’entrent pas dans la polémique, ce sont des hommes de paix, comme Isaac, leur maître, homme paisible qui entretient une relation avec Dieu.
Quand on a découvert la vraie source de vie qui est Christ, la Parole, on devient des hommes de paix et non de querelle, sachant que les querelles sont des œuvres de la chair.
Ces querelles auraient pu être évitées, si Isaac avait eu une confiance totale dans la parole que le Seigneur lui avait donnée, et s’il était resté au point de départ, près du puits de Lachaï-roi, qui signifie : « Puits du Vivant qui me voit. »
Isaac n’aurait pas dû aller à Gérar, cette ville qui pouvait exercer de dangereuses influences. Abraham, comme Isaac y ont rencontré des difficultés. Nous savons qu’Abraham renia sa femme, ainsi qu’Isaac. Ils ont éprouvé la crainte de mourir, parce qu’ils étaient hors du plan de Dieu. S’engager sur une voie qui n’est pas droite, engendre la faiblesse spirituelle.
Il a fallu qu’Isaac se retire de Gérar, et monte à Beer-Shéba (qui signifie : « puits du serment »), pour que le Seigneur soit de nouveau avec lui, et que l’alliance contractée soit renouvelée.
Nous ne pourrons jouir pleinement de la présence de Dieu dans notre vie intérieure que si nous sommes là où il est lui-même. Dieu ne peut être présent au milieu des discordes, des divisions, des querelles, ou des contestations des impies. Sachons faire de bons choix spirituels, et être là où le Seigneur nous veut, même si tout ne répond pas à nos attentes et ne satisfait pas notre confort !